De plus en plus de Marocains sont intéressés par la Chine pour y poursuivre leurs études supérieures. Que faut-il savoir avant de partir ? Comment construire son projet ? Quand postuler ? Quels documents fournir ? Toutes les réponses dans ce guide (très) pratique.

Il est vrai que de plus en plus d’étudiants marocains demandent des renseignements sur les cursus universitaires en Chine. C’est l’une des destinations les plus attrayantes parce que les programmes universitaires sont riches et que le coût de la vie y est intéressant par rapport à l’Europe ou au Canada”, avance Mehdi El Ihsani, directeur de la Foreign Universities Scholarships and Admission Assistant Agency (FUSAAA), dont le siège est à Rabat.

La FUSAAA est une société de conseil spécialisée dans l’orientation des élèves désirant poursuivre leurs études dans l’Empire du milieu. À l’instar de Campus France pour les étudiants souhaitant tenter leur chance dans l’enseignement supérieur hexagonal, la structure propose un accompagnement et un suivi de toutes les formalités administratives – demande de visa, réservation de vol à destination de la ville souhaitée, mais aussi gestion des bourses.

Dans le cadre d’un accord de coopération liant le royaume et la République populaire de Chine, les étudiants marocains peuvent en effet bénéficier d’aides financières, destinées en priorité à ceux candidatant pour un master ou pour un doctorat.

  1. Qui peut postuler ?

D’après les informations du gouvernement chinois, ce pays de plus d’un milliard d’habitants compte quelque 2 000 établissements d’enseignement supérieur. Le système éducatif y est sélectif, mais il accepte également les étudiants étrangers n’ayant pas obtenu leur baccalauréat. 

Le système de 3e cycle propose trois programmes différents :

  • le Benke, équivalent de la licence (bac+4) ;
  • le Shuoshi, équivalent du master (bac+5 à bac+7) ;
  • le Boshi, correspondant au doctorat (bac+8 à bac+10).

Ceux qui n’ont pas validé leur deuxième cycle peuvent espérer rejoindre des formations spécialisées par secteur, mais devront au préalable apprendre durant au moins un an la langue chinoise. Pékin donnant la priorité aux locaux, il faut savoir que les dossiers acceptés dans ce cadre sont de plus en plus rares.

2. Quels documents fournir ?

Les bacheliers aspirant au Benke doivent généralement s’inscrire avant le mois de mars – certaines universités à Shanghai élargissent la période jusqu’en juin. Les documents à fournir sont les suivants :

  • copies conformes du diplôme du baccalauréat et des relevés de notes obtenues au lycée ;
  • lettre de recommandation de l’enseignant référent ou d’un professeur expérimenté au sein de votre établissement ;
  • photocopie du passeport et deux photos d’identité ;
  • résultats à un test de langue (TOEFL pour les cursus en anglais, test HSK de mandarin pour ceux en chinois).

Les pièces requises sont les mêmes pour les postulants au Shuoshi. Ces derniers doivent présenter en plus leur diplôme de licence – certaines facultés demandent également d’être titulaire d’un master 1, précise Mehdi El Ihsani –, ainsi que :

  • une ou plusieurs lettres de recommandation rédigée(s) par des professeurs ou par le directeur de l’établissement marocain fréquenté ;
  • lettre de motivation – pourquoi la Chine ? pourquoi cette formation ? pourquoi cette université ?
  • copies conformes des diplômes obtenus et relevés de notes ;
  • résultats au TOEFL pour des parcours en anglais (HSK pour ceux en mandarin), ainsi que scores obtenus au GMAT et au GRE pour des programmes en économie ou en management.

3. Quel visa ?

Après approbation par l’université choisie, la demande de visa se fait en une seule étape auprès de l’ambassade de Chine. Les justificatifs peuvent être remis à la FUSAAA, qui procédera à toutes les démarches auprès de l’ambassade – et auprès de l’université chinoise, moyennant des frais de dossier estimés à 3 990 dirhams. 

Selon Mehdi El Ihsani, “la Chine aujourd’hui ouvre ses portes aux étudiants internationaux. C’est une volonté du pays d’accueillir et de former des étudiants provenant des quatre coins du globe, toutes les procédures sont facilitées. Pour le moment, la Chine ne nous a refusé aucun dossier, tous les retours sont positifs.”

Deux types de visas étudiants sont délivrés : X1 pour tous ceux inscrits à une formation de plus de 180 jours, X2 si la durée est inférieure. En plus du passeport, les documents nécessaires sont les mêmes :

  • formulaire dûment rempli avec photo d’identité collée (au format 48mm x 33mm) ;
  • avis d’admission ;
  • dernier relevé bancaire attestant que plus de 60 000 dirhams ont été spécialement bloqués (apportés directement par le demandeur, ou bien par un garant/tuteur, auquel cas un justificatif de prise en charge signé et légalisé est exigé) ;
  • pour les mineurs, livret de famille ou acte de naissance (original + copie) et pièce d’identité (original + copie) de celui des deux parents qui prendra en charge le voyage.

4. Comment s’adapter ?

Encore plus qu’en Europe ou qu’en Amérique du Nord, la société chinoise a des particularités “qu’il vaudrait mieux respecter pour s’assurer d’une bonne et douce adaptation”, estime Abderrahman El Had, étudiant marocain de 27 ans, qui prépare actuellement un MBA à la Shenyang Agricultural University après avoir étudié le mandarin durant une année à l’université de Wenzhou.

Originaire de Casablanca, ce jeune étudiant, qui compte rentrer au Maroc après la fin de son séjour universitaire, se rappelle dans les moindres détails son arrivée. Il livre deux conseils pratiques aux futurs étudiants marocains en Chine :

  • Prendre soin d’apprendre la langue, la culture et les habitudes chinoises : “Cela semble basique, mais en Chine plus qu’ailleurs la connaissance de ces trois piliers est importante pour éviter les incompréhensions ou des moments gênants, à l’université mais aussi dans les restaurants et les magasins.”
  • Participer aux tâches de groupe ou d’intérêt commun : “Les Chinois ont une culture du vivre ensemble et du travailler ensemble absolument remarquable. En tant qu’étudiant étranger, participer aux tâches communes, ou se porter volontaire pour réaliser quelque chose dans l’intérêt général, te facilite la vie dans une communauté qui peut parfois montrer quelques réticences.”

Laissez un commentaire