D’abord communicante à Casablanca, Maria Hraoui s’est installée depuis quelques années à Bruxelles, où elle a lancé plusieurs initiatives : un espace interculturel proposant différentes activités, mais aussi une épicerie fine et un service de restauration.

Le curriculum vitae de Maria Hraoui, 39 ans, commence par une liste de grands noms de la communication : entre une filiale de l’agence Havas à Casablanca, où elle a été en charge de l’image de plusieurs institutions et de “super-brands” marocaines et internationales, et un passage dans l’évènementiel avec notamment l’organisation des Assises du tourisme pour le compte du ministère dédié, elle a également occupé la direction de la communication et du développement de l’université Al Akhawayn à Ifrane.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que sa maîtrise en communication des entreprises, ainsi que son master en communication et en médiation culturelle (obtenus à Paris), ont des allures de flèches tirées au cœur de la cible.

Les deux pieds à Bruxelles

Une fois acquises ces expériences, Maria Hraoui décide de se lancer dans l’auto-entrepreneuriat. En 2013, elle fonde H&O Consultants, une agence de conseil qui accompagne plusieurs organisations aussi bien privées que publiques, nationales comme internationales.

Sept années durant, elle mène parfaitement sa barque… jusqu’à ce que la gagne l’envie de sortir de sa zone de confort. En effet, Maria aime les défis, les aventures qui bousculent. En 2019, elle décide de transférer son agence à l’étranger, sous une nouvelle forme.

Un premier pied se pose à Bruxelles, via des collaborations professionnelles ponctuelles, dans le cadre d’organisation d’événements et de missions de conseil en communication pour des ONG. Assez rapidement, elle tombe sous le charme de la capitale belge. Le second pied se pose pour y rester.

La Marocaine raconte à Diaspora avoir été séduite par la simplicité, par les différentes nationalités qui se côtoient et cohabitent, par la culture “omniprésente et accessible”. Elle ressent là-bas ce qui est synonyme pour elle de “bon vivre”, confirmant une envie qui grandit en elle dans une période où elle est à la recherche de nouveaux stimulants professionnels.

Communication solidaire

Son nouveau challenge s’appelle “le Comptoir pluriel”. Pensé d’abord comme un espace interculturel, le lieu devient rapidement associatif. Il travaille sur le dialogue et offre un espace d’expression mais aussi d’apprentissage à la communauté qui se l’approprie, tout en favorisant l’insertion estudiantine ou professionnelle des jeunes des communes du centre-ville et de Molenbeek-Saint-Jean.

Nous aidons les jeunes artistes, auteurs, et ceux qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat mais qui n’ont pas les moyens de s’offrir les services d’une agence, à développer les outils de communication nécessaires.

Maria Hraoui

Pour Maria, “le Comptoir pluriel” est aussi et surtout une plateforme de communication solidaire : “En mettant en place tout au long de la semaine des permanences d’experts, nous aidons les jeunes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat, mais aussi les auteurs ou artistes qui n’ont pas les moyens de s’offrir les services d’une agence, à lancer leur projet, à développer les outils de communication nécessaires.”

En à peine une année d’existence, le lieu s’est installé dans le paysage culturel de la ville et a déjà réuni des noms connus de l’art, de la culture, de la politique et des sports.

Concept store marocain

Dans le même temps, Maria Hraoui imagine un autre projet qui lui tient à cœur : un concept store autour de la cuisine, avec un coin épicerie fine qui propose des produits issus du commerce équitable, telles différentes variétés de thés, de cafés, d’épices, ainsi que des produits du terroir marocain, dont les matières premières proviennent de coopératives féminines des montagnes de l’Atlas.

Crédit : DR.

Cette boutique, elle l’a pensée comme une marque, puisant ses racines dans l’histoire marocaine tout en restant ouverte aux autres cultures. L’endroit se veut tout aussi pluriel que le Comptoir, créé quelques mois auparavant. On y trouve tous les produits chéris du royaume : tarbouches, babouches, mais aussi une bibliothèque qui propose des œuvres aussi bien de Montesquieu que de Rûmî, d’Osho, de Kafka et d’Ibn Arabi.

La déco est évidemment relevée de tapis berbères, mais aussi d’exemplaires de journaux datant du début du XIXe siècle, le tout agrémenté de parfums d’intérieur aux notes de fleur d’oranger qui transportent instantanément au milieu des jardins printaniers marrakchis.

Zelijgourmet

L’instant dégustation est assuré par “Zelijgourmet”, qui propose des brunchs et des dîners à partager autour d’une seule grande table. Comme dans une vraie cantine, les recettes sont concoctées par la maîtresse de maison et par ses collaboratrices.

Crédit : DR.

Le service a évidemment dû évoluer en fonction des règles dictées par la pandémie de Covid-19, les confinements de l’année 2020 faisant vite prendre conscience à Maria que la donne allait radicalement changer. Elle réagit en digitalisant toutes ses propositions, lance une cuisine en ligne puis une box d’inspiration marocaine qui s’adapte à diverses occasions et attentes.

Aujourd’hui, Zelij, qui a recruté beaucoup de femmes ayant perdu leur emploi depuis le début de la crise, possède une clientèle à l’image de Bruxelles : un vrai melting pot de cultures et d’influences, avec un amour et une curiosité commune pour la diversité. S’est également constituée, d’après la fondatrice, une fidèle clientèle composée d’étudiants marocains en mal de saveurs du pays…

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