Elle est l’incarnation du rêve américain moderne. Débarquée adolescente au Pays de l’oncle Sam, Iman Oubou a travaillé dans la recherche avant de remporter plusieurs concours de beauté et de devenir en 2015 Miss New York. Elle œuvre aujourd’hui à donner plus d’espace aux femmes, sans jamais oublier son pays natal.

Il en faut, du gène aventurier, pour prendre les virages qu’a déjà dû négocier Iman Oubou au cours de son existence. Née à Agadir, elle arrive aux États-Unis à l’âge de 15 ans. Avec sa terre d’origine, elle garde toutefois un lien très fort. Elle a d’ailleurs réussi, malgré la pandémie, à passer récemment plusieurs semaines dans le royaume, qu’elle dit avoir “été très fière de montrer sur les réseaux sociaux”.

La jeune expatriée souhaite avant tout mettre en avant les évolutions positives. Selon elle, la diversité culturelle y a grandi, le divertissement et l’hospitalité aussi. Et puis il y a l’esthétique, plus développée, un artisanat qui s’affine et se modernise sans perdre de sa superbe…

Il faut dire que, côté esthétisme, Iman Oubou s’y connaît plutôt bien. Après un diplôme en biochimie et en biologie moléculaire à la Colorado State University, elle est approchée par l’organisation du concours de Miss de cet État du Centre-Ouest. Malgré ses hésitations initiales à intégrer cet univers “si lointain du [s]ien”, elle accepte de participer.

En 2015, alors qu’elle s’est installée à New York – dont elle était tombée amoureuse lors de voyages touristiques puis professionnels – elle prend part à la compétition de beauté locale… et devient simultanément Miss New York et deuxième dauphine américaine ! Elle ne perd pas de vue ses objectifs initiaux, et cette nouvelle notoriété la conforte dans la mission qu’elle s’est donnée : la visibilité digitale des femmes et la diversité des genres.

De la recherche à la communication

“Rien, à part mes études en biochimie, n’était vraiment planifié”, explique Iman. Si elle réalise à quel point elle est chanceuse d’avoir réussi à progresser autant dans sa vie et dans sa carrière avant d’atteindre les 30 ans, elle est la première à être incrédule de la façon et de la rapidité avec lesquelles les événements se sont enchaînés pour elle.

Nous pensons que les connaissances acquises par les femmes au cours de leurs parcours personnel et professionnel méritent l’espace et le respect que les médias traditionnels ne leur ont jamais vraiment accordés.

Iman Oubou

Son diplôme et ses couronnes de reine de beauté engrangés, elle se lance assez vite dans l’auto-entreprenariat… s’attaquant encore à un nouveau domaine. Après des années dans la recherche – à Munich, en 2011, en parallèle d’un emploi dans la lutte contre le diabète entre 2008 et 2012, puis dans un centre spécialisé dans le Colorado de 2013 à 2014 –, la touche-à-tout s’oriente vers la communication. Elle commence en tant que salariée dans le milieu universitaire, avant de fonder dès 2015 sa propre structure.

La fondatrice baptise SWAAY sa plateforme d’auto-édition et de contenu, sorte de réseau social alimenté par les membres essentiellement féminines qui s’approprient la conversation. Elle explique : “Nous pensons que les connaissances acquises par les femmes au cours de leurs parcours personnel et professionnel méritent l’espace et le respect que les médias traditionnels ne leur ont jamais vraiment accordés.”

Leadership et empowerment des femmes

Pour la trentenaire, il était primordial de s’imposer dans le leadership et dans l’empowerment. Par tous les moyens, elle cherche à amplifier les voix féminines et à présenter des histoires de femmes qui ne sont pas toujours mises en avant dans les journaux ou sur les réseaux sociaux.

En tant que Marocaine qui a dû échouer et lutter pour réussir dans une ville aussi concurrentielle que Big Apple, elle estime qu’il est de son devoir d’être toujours exemplaire et agente du changement pour sa communauté, en utilisant son succès pour faire avancer les choses. “C’est ce qui est et continuera d’être le cœur de ma mission et le moteur de chaque projet dans lesquels je m’implique”, assure-t-elle.

En plus de toutes ces casquettes, Imane Oubou a toujours rêvé d’écrire. Accaparée par ses diverses activités, elle avait rangé ce projet dans un coin de sa tête… jusqu’au confinement décrété au printemps 2020 pour endiguer la pandémie de Covid-19. Pendant son retour au Maroc, elle cherche l’inspiration et débute le processus de rédaction.

Quelques mois – et un contrat avec la maison d’édition américaine Sounds True/Macmillan – plus tard, l’ouvrage est prêt et devrait sortir au printemps 2022. Le titre : The Glass Ledge. How to break through self-sabotage, embrace your power and create your success (en français : “Le rebord de verre. Comment dépasser l’auto-sabotage, trouver votre pouvoir et créer votre succès”). La communicante y évoque notamment son parcours et les stratégies qu’elle a développées pour tracer son propre chemin. “Glass Ledge est un appel pratique et inspiré pour toute femme qui souhaite réécrire le récit, leur récit du succès et faire avancer nos efforts dans le monde”, résume-t-elle.

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