Un triple scrutin inédit, à la fois législatif, régional et communal, s’est tenu ce mercredi 8 septembre au Maroc. Malgré la portée de ce rendez-vous, et en dépit de leur importance à la fois démographique et économique, les Marocains résidant à l’étranger (MRE) sont toujours tenus à bonne distance électorale. Retrouvez nos décryptages.

Un assesseur dans un bureau de vote à Rabat, mercredi 8 septembre 2021 (Fadel Senna / AFP).

Si les Marocains de l’étranger ne peuvent toujours pas voter directement depuis leur pays de résidence, certains participent au processus électoral en tant qu’observateurs. Parmi les 19 organisations internationales officiellement accrédités, deux émanent ainsi directement de la diaspora : le Cercle franco-marocain Eugène Delacroix et l’association Dynamic Maroc. Ces émissaires nous expliquent en quoi consiste concrètement leur mission, entre vigilance face à la corruption et rapport des problèmes logistiques.

Un passant devant les symboles des principaux partis candidats aux élections marocaines du mercredi 8 septembre (Fadel Senna / AFP).

Une nouvelle fois, les Marocains du monde ne disposeront pas de porte-parole dédiés dans l’hémicycle. De rares personnalités issues de leurs rangs se présentent tout de même dans différentes circonscriptions du territoire national. Une mise en avant a minima et non dénuée d’intérêts financiers pour les partis, puisque cette année le ministère de l’Intérieur a multiplié par cinq la dotation financière des zones où un parlementaire émigré serait élu, et conditionné le remboursement des frais de campagne au placement d’une femme MRE en tête d’une liste régionale pour les législatives.

Lina Abbou, candidate aux élections législatives du 8 septembre (crédit : DR).

Ce contexte particulier n’a cependant pas découragé les ambitions de quelques candidats déterminés, à l’image de Lina Abbou, 20 ans, la plus jeune concurrente à se frotter au suffrage législatif. Portant la Fédération de la gauche démocratique dans le Nord, l’étudiante en psychologie à l’Université Sophia-Antipolis de Nice, dans le sud-est de la France, nous raconte les racines de son engagement et développe sa volonté d’apporter du sang neuf et de la transparence dans un monde politique essentiellement masculin, vieillissant et “opaque”.

Nous n’avons pas attendu le rendez-vous électoral pour nous intéresser aux questions de fond sur les droits politiques des citoyens installés hors du royaume. Il y a quelques mois, nous avions réalisé une série intitulée “Voter depuis l’étranger”, révélant quelques chiffres impressionnants : si les 4,8 millions de Marocains officiellement recensés en dehors des frontières en 2019 étaient représentés à leur juste mesure, ils disposeraient de 49 sièges au Parlement…tandis qu’aujourd’hui seules 0,67 % des questions posées au gouvernement les concernent. Retrouvez l’analyse de ce paradoxe en trois épisodes.

En 1963, Hassan II prononce le discours d’ouverture du premier parlement marocain (crédit : Mohamed Maradji).

Quoi de mieux que de prendre un peu de hauteur historique pour finir de mettre en perspective cette actualité ? Nous vous proposons ainsi une enquête sur les façons dont Hassan II truquait les élections, entre découpage des circonscriptions à la carte, partis créés ex-nihilo, bourrage des urnes ou encore achats de voix.

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