Premiers vols directs, inauguration du bureau de liaison à Rabat, signature d’accords de coopération… Les relations entre le royaume et Israël se densifient petit à petit depuis leur normalisation, le 10 décembre 2020. Pour les Marocains qui voudraient se rendre sur place, que ce soit pour affaires ou pour tourisme, de nombreuses questions pratiques se posent. Diaspora vous aide à y voir plus clair.

  1. Quelles formalités administratives ?

À leur entrée en Israël, les ressortissants étrangers doivent obligatoirement présenter un permis délivré par l’Autorité de la Population et de l’Immigration. Outre les pièces généralement demandées (passeport valide encore au moins six mois, photos d’identité, formulaire administratif…), les nouvelles modalités spécifiques aux Marocains depuis la normalisation n’ont pas encore été communiquées, selon une agence de voyage basée à Tétouan.

La même source précise que, jusqu’à présent, les séjours à Jérusalem qu’elle proposait aux Marocains étaient conditionnés par une demande formulée auprès d’agents ministériels qui réalisaient une enquête préalable sur les visiteurs, puis la police aux frontières leur remettait un visa à leur arrivée sur place. Pour les voyageurs individuels, obtenir d’abord un “visa volant” était possible depuis un pays tiers, avant de recevoir un permis d’entrée et de séjour en bonne et due forme à l’aéroport d’arrivée.

2. Quelles conditions sanitaires ?

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les accès au pays sont limités. La liste des cas exceptionnels pour pouvoir s’y rendre est régulièrement mise à jour sur le site du gouvernement.

Les conditions générales qui s’appliquent, y compris pour les personnes vaccinées, consistent à présenter (en anglais) le résultat négatif d’un test PCR datant d’au moins 72 heures avant l’heure de l’embarquement. Les tests antigéniques et autres tests rapides ne sont pas acceptés. Au moins 24 heures avant le départ, il faut par ailleurs remplir un formulaire de déclaration d’entrée en ligne sur le site du ministère de la Santé israélien.

Lors de l’arrivée à l’aéroport, un deuxième test PCR payant est exigé. Vous pouvez effectuer le règlement au préalable (pour un montant de 80 shekels ou de 222,60 dirhams) ou bien directement sur place (100 NIS ou 278,25 MAD). Un isolement de 14 jours est ensuite obligatoire, même pour les voyageurs vaccinés ou guéris. Il peut être écourté de 7 jours si un test PCR négatif est présenté au septième jour.

Une fois cette période de quarantaine écoulée, la présentation d’un pass sanitaire est obligatoire afin de bénéficier de certains services, de prendre part à des évènements ou encore de se rendre dans des salles de sport ou au cinéma. Baptisé Green Pass, sa demande s’effectue en ligne. Il est éligible aux patients vaccinés avec Moderna, rétablis ou attestés “négatif” par un test PCR datant de moins de 72 heures.

Les déplacements entre villes sont également soumis aux règles du “Traffic Light Model”, un dispositif mis en place par le ministère de la Santé classant, grâce à un code couleur, les différentes communes du pays en fonction de leur taux d’infection, et renseignant sur les mesures sanitaires et les restrictions appliquées localement.

3. Quelle compagnie aérienne ?

Quelques vols directs sont programmés sur le site web de la compagnie aérienne El Al, à raison de trois par semaine en moyenne. En partance de Marrakech ou depuis Casablanca, le vol dure environ 5h30. Pour un aller simple, les prix variaient à la fin d’août de 2 329 à 3 489 dirhams.

Jared Kushner, conseiller du président américain, et Meir Ben Shabbat, conseiller à la Sécurité nationale israélienne, descendant du premier vol commercial entre Israël et le Maroc, le 22 décembre 2020 à l’aéroport de Rabat (US Embassy in Morocco / AFP).

Les vols avec Israir ne commenceront quant à eux qu’au mois de septembre. Une dizaine sont programmés, en partance de Marrakech uniquement. Toutefois, la compagnie ne prévoyant que des vols simples au mois d’octobre, aucune réservation pour le retour n’est possible pour le moment. Les allers sont facturés entre 240 euros (2 530 dirhams) et 430 euros, tandis que les prix des allers-retours vont de 450 à 600 euros.

David Govrin, le chargé d’affaires israélien, a par ailleurs annoncé le 8 août dernier dans un tweet que, en vue de “renforcer les relations entre le Maroc et Israël” et en raison d’une “demande croissante des vols directs entre les deux pays”, Royal Air Maroc et Air Arabia Maroc ouvriront de nouvelles lignes à partir du mois d’octobre 2021 afin de connecter Marrakech et Casablanca à Israël.

La date exacte du lancement de la ligne n’a pas encore été fixée, tempère toutefois une source autorisée au sein de RAM.

4. Quelle devise ?

La devise en circulation en Israël est le shekel. À la fin d’août 2021, un shekel équivalait à peu près à 2,78 dirhams. Pour le moment, d’après un bureau de change à Casablanca, la conversion directe n’est pas possible. Il convient donc de passer par une monnaie intermédiaire, c’est-à-dire d’acheter de l’euro ou du dollar et, une fois sur place, de le convertir en shekel.

5. Quoi visiter ?

– À Tel Aviv :

Le quartier d’Old Jaffa, où sont arrivés les “pionniers” et qui a su conserver son charme et sa mixité, est un incontournable. Les ruelles étroites bordées d’anciennes bâtisses sont une mine de petites boutiques atypiques, de galeries d’art et d’ateliers d’artistes, idéales pour s’y perdre le temps d’une journée.

Old Jaffa (crédit : CC BY-NC 2.0).

La côte présente ensuite pas moins de 13 plages, certaines festives telle la Tayelet, “la corniche de Tel Aviv”, d’autres plus sportives ou plus décontractées. La rivière Yarkon et le parc Hayarkon offrent aussi un écrin de nature bienvenu, à découvrir à pied, à vélo, en pédalo, en barque, ou tout simplement à l’occasion d’un pique-nique.

Pour les amateurs de culture, le musée d’art de Tel Aviv, niché au cœur de la capitale, allie splendeur architecturale moderne et richesse des œuvres – productions de peintres internationaux de renom comme d’artistes israéliens du monde. Le musée de la diaspora et celui de la Joseph Bau House, également à Tel Aviv, proposent des voyages respectivement dans la communauté juive à travers le monde et les époques et dans l’intimité du célèbre artiste rescapé de la Shoah, à travers la voix de ses propres filles.

– À Jérusalem :

L’artiste peintre Amina Rmiki nous fait part de sa sélection d’endroits en lien avec le patrimoine touristique religieux, à commencer par Qubbat Aṣ-Ṣakhrah (le Dôme du Rocher), où le prophète Mohammed serait venu lors de l’épisode d’Al Isrâ’ wal Miʿrâj. Après avoir monté et descendu les innombrables escaliers du centre-ville d’Al Qods, le Mur des lamentations est un autre lieu incontournable, mentionné dans les écrits des trois grandes religions monothéistes.

Autre site important : celui de l’église du Saint-Sépulcre. D’après les textes chrétiens, c’est là où le Christ aurait été crucifié. Non loin de Jérusalem, à Bethléem (Cisjordanie), la basilique de la Nativité est un carrefour pour les visiteurs de confessions et de nationalités diverses. Selon la tradition chrétienne, c’est là que Jésus aurait vu le jour. Les deux villes regorgent par ailleurs de tombeaux de figures des trois monothéismes.

Le tombeau du Christ dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem (Thomas Coex / AFP).

6. Où manger ?

Question nourriture, “on s’éclate ! Avec toutes les migrations du peuple juif à travers le monde, c’est une gastronomie très cosmopolite. Il y a une sorte de mélange entre la cuisine séfarade, ashkénaze et moyen-orientale”, assure Mouna Izzdine. Cette Marocaine, qui a visité Israël il y a quatre ans, recommande en particulier de se rendre au Marché du Carmel (Shuk Ha’Carmel en hébreu) à Tel Aviv, “très vivant et très coloré”.

Des étals au marché du Carmel (crédit : Wikimedia Commons).

7. Quel budget ?

Tout dépend de la destination. D’après Mouna Izzdine, le coût de la vie à Tel Aviv est beaucoup plus élevé qu’au Maroc, “entre celui de la France et des États-Unis”. “Dans un restaurant correct, un déjeuner ou un dîner pour deux peut facilement monter à 500 voire à 600 dirhams”, détaille-t-elle.

À Jérusalem, Amina estime que les tarifs se rapprochent de ceux pratiqués dans le royaume. Pour une chambre double à l’hôtel Saint-George où elle a séjourné, il faut actuellement compter 920 dirhams, d’après une simulation sur un comparateur. Pour les petits budgets, les auberges (autour de 500 dirhams la nuit) sont davantage appropriées.

8. À quoi faire particulièrement attention ?

La semaine s’étend du dimanche au jeudi. Du vendredi soir au samedi soir, c’est le Shabbat, le jour où les juifs pratiquent leur culte. Presque tous les commerces sont fermés, tel un dimanche en Europe.

À Tel Aviv, “en tant que femme, on peut s’habiller comme on veut, il n’y a pas de harcèlement. On peut sortir le soir tard. Franchement je n’ai jamais eu peur et je me suis senti en sécurité totale”, témoigne Mouna Izzdine.

Enfin, d’après nos deux interlocutrices, l’accueil réservé aux Marocains est particulièrement chaleureux. “Quand on rencontre des Israéliens, ils ont quasiment à chaque fois des amis marocains ou même directement des racines marocaines”, raconte Mouna, qui s’est fait invitée à plusieurs reprises dans des foyers d’origine marocaine.

“Généralement, dès qu’on nous entend échanger en darija dans la rue, des gens nous accostent, parlant arabe et parfois même français. Ils nous disent qu’ils ont des ascendants marocains, qui conservent encore les traditions de leur pays d’origine, ça fait plaisir”, renchérit Amina Rmiki.

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