Des Marocains de France choisissent d’être enterrés sur leur terre d’origine. Rien que dans son périmètre, le consulat général de Paris évoque 70 à 80 personnes chaque année.

  1. Quelles sont les démarches ? 

Rapatrier un corps depuis la France vers le Maroc nécessite l’accord des deux pays. Côté français, un laissez-passer mortuaire doit être demandé à la préfecture du département où a eu lieu la fermeture du cercueil. Une série de documents doit être fournie (formulaire de demande d’autorisation de transport rempli par l’entreprise chargée du rapatriement, certificat de décès délivré par le médecin, acte de décès complété par la mairie…). Attention, à y regarder de plus près, cette liste peut varier quelque peu d’une préfecture à une autre.

Côté marocain, la famille doit demander une autorisation au consulat dont relève le lieu du décès. Les documents exigés sont semblables à ceux précédemment cités, auxquels s’ajoutent le laissez-passer français et une série d’informations, notamment sur les conditions d’arrivée du corps au Maroc (poste frontière d’arrivée de la dépouille, lieu d’inhumation…). Le consulat demande aussi un “justificatif de prise en charge des frais de rapatriement” (voir plus bas). Une déclaration sur l’honneur peut suffire, nous explique-t-on au consulat général du Maroc à Paris.

  1. De quoi les pompes funèbres se chargent-elles ? 

Cela dit, en général, la société de pompes funèbres qui s’occupe du rapatriement gère aussi tous ces détails administratifs, observe Mustapha El Bouazzaoui, le consul général du royaume dans la capitale française. “L’opérateur funéraire se charge de contacter l’ensemble des interlocuteurs : hôpital, mairie, préfecture du département, consulat, compagnie aérienne, etc.”, confirme Philippe Meyralbe, cofondateur de l’agence de pompes funèbres AdVitam. Des entreprises comme la sienne sont nombreuses : une dizaine rien qu’en Île-de-France, d’après la même source. Certaines familles peuvent par ailleurs demander à l’opérateur de réaliser également une toilette mortuaire ou rituelle.

  1. Combien cela coûte-t-il ?

Le prix comprend en général les démarches administratives, le cercueil, le transport du lieu de décès vers l’aéroport, et, surtout, le rapatriement en tant que tel, plus grosse partie des frais. Ce dernier se fait en avion, sur des vols commerciaux classiques. Le tarif, qui varie en fonction des services demandés, tourne autour de 2500 euros, d’après Philippe Meyralbe.

Certains choisissent de souscrire à une assurance. Les dépenses sont alors couvertes à hauteur du capital pour lequel la personne a cotisé. L’entreprise Obsèques Nour nous explique ainsi : “Le montant du capital doit rester cohérent et tenir compte de lévolution prévisible du coût des prestations funéraires. Nous conseillons les familles pour sélectionner le meilleur capital et ainsi faire le choix le plus favorable.” Et de préciser : “Vu la situation actuelle et la hausse des tarifs aériens, le coût de rapatriement vers le Maroc se situe aujourd’hui aux alentours de 3200 euros. Le capital le plus adapté serait de 3500 euros.” Certaines sociétés proposant ces produits d’assurance suivent les principes de la finance islamique, d’autres non.

Le Maroc peut assister financièrement les familles dans le besoin, mais la demande ne peut se faire a posteriori. C’est pour cette raison que le consulat réclame une attestation de prise en charge avant de délivrer l’autorisation de rapatriement (voir plus haut). Cette requête, précisément, doit être formulée par la famille, et non par l’opérateur. Elle doit s’accompagner d’un avis d’imposition et de devis contradictoires. “C’est un marché soumis à la concurrence. On connaît le tarif général. Pour autant, nous n’indiquons aucun nom de société vers qui se tourner”, assure le consul général. L’État marocain met à disposition une “enveloppe budgétaire importante” et consent “un effort énorme” pour engager ces “montants colossaux”, tient à souligner Mustapha El Bouazzaoui, tout en préférant garder secrets les chiffres en question.

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