Médaillé d’or lundi 2 août aux Jeux olympiques (JO) de Tokyo, le spécialiste du 3 000 mètres steeple Soufiane El Bakkali ne cesse de rappeler son attachement au quartier populaire d’El Merja, à Fès, où il né et où il a grandi. D’autres sportifs marocains ont vu le jour et se sont fait connaître à l’étranger, tout en continuant à représenter leur pays d’origine ou en en restant très proches. Tour d’horizon.

C’était mieux avant… vraiment ?

En allant au bout de lui-même pour décrocher le titre olympique dans la dernière ligne droite, le jeune Soufiane El Bakkali (25 ans) a mis fin à dix-sept années de disette. Dix-sept années que le Maroc n’était pas monté sur la plus haute marche du podium, depuis le double sacre (1 500 m et 5 000 m) à Athènes d’un certain Hicham El Guerrouj. “C’est le meilleur coureur de demi-fond de tous les temps”, avait dit quelques années plus tard à propos de ce dernier Sebastian Coe, l’actuel président de la fédération internationale d’athlétisme, lors d’un séjour dans le royaume. Un hommage qui résonnait “comme un rappel de la lente déchéance de l’athlétisme marocain”, notamment après le contrôle antidopage positif de plusieurs coureurs. L’insupportable déclin a heureusement pris fin dans la touffeur de la nuit tokyoïte… laissant augurer des lendemains qui chantent ?

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Nostalgie : sport, éducation, liberté… c’était mieux avant ?

Choix cornélien et JO difficiles pour les MRE

Elles n’ont malheureusement pas connu le même succès que le longiligne fondeur, même si certaines ont réalisé un beau parcours. Parmi les sportives marocaines résidant à l’étranger (MRE) que nous avions interrogées avant le grand rendez-vous japonais, qui a débuté le 23 juillet et se poursuit jusqu’au dimanche 8 août, Sarah Fraincart est celle qui a le mieux tiré son épingle du jeu en terminant cinquième de la finale E du Skiff (aviron). Les deux autres ont malheureusement connu des éliminations précoces : en judo, Asma Niang a été battu dès son entrée en lice par l’Italienne Alice Bellandi, tandis que Célia Jodar n’a pas réussi à sortir des qualifications en kayak.

À cœur ou à raison, ils ont choisi de représenter le Maroc aux Jeux olympiques

La boxe marocaine K.-O.

Fournissant le deuxième plus important contingent de la délégation nationale avec 7 participants (seul l’athlétisme en compte davantage avec 15 des 48 qualifiés au total), la boxe est rentrée au pays bredouille. Malgré la responsabilité de porte-drapeau confiée à Oumaima Belhabib (aux côtés du surfeur Ramzi Boukhiam), le noble art marocain n’a pas réédité l’exploit de Mohamed Rabii, qui avait ramené le bronze de Rio en 2016. Son zéro pointé, l’équipe se faisant remarquer par une polémique sur des primes jugées pas assez élevées puis par la disqualification de Youness Baala pour avoir tenté de mordre l’oreille de son adversaire en 8e finale des moins de 91 kg, a même fait tomber quelques têtes : la direction technique nationale a été dissoute, et la fédération royale a décidé de geler ses activités jusqu’à la prochaine assemblée générale programmée en septembre. Dans ce contexte, les pugilistes binationaux, qui vivent pour la plupart en Europe, devraient majoritairement continuer d’opter pour représenter sportivement le Vieux Continent, comme ils nous l’avaient expliqué dans un article publié avant la compétition.

Boxeurs marocains : poings serrés, cœurs partagés

Teddy Riner, le plus marocain des judokas français

“Merci à mes sparring partners au Maroc, merci au royaume du Maroc de m’avoir laissé rentrer pour m’entraîner”, a déclaré vendredi 30 juillet Teddy Riner, après être devenu le premier judoka de tous les temps à remporter quatre médailles olympiques en individuel (or à Londres et à Rio, bronze à Pékin et à Tokyo) – auxquelles il a ajouté une victoire collective non moins historique le lendemain. Si le Français a tenu immédiatement à remercier le Maroc, c’est qu’il y a suivi une grande partie de sa préparation… et s’y est même blessé, compromettant ses chances de réussite à moins de cinq mois de l’échéance japonaise. Un épisode qui n’a donc troublé en rien la relation passionnelle qui unit le champion tricolore – qui avait ravi sa dixième couronne planétaire en novembre 2017 à Marrakech – avec la terre chérifienne, où il cultive depuis de nombreuses années des amitiés politiques autant que des relations commerciales intenses.

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Rizlen Zouak, à jamais la première

Elle aussi était une adepte de la discipline codifiée à la fin du XIXe par le maître nippon Jigorō Kanō, et a même été la première femme à combattre aux JO avec le drapeau rouge à l’étoile verte sur le kimono, en 2012 à Londres. Née à Beaune, dans le centre-est de la France, Rizlen Zouak a choisi de porter les couleurs de ses origines, avant d’embrasser une carrière dans les Mixed Martial Arts (MMA) – étant, là encore, pionnière au niveau marocain. Un parcours atypique que nous vous racontons dans une galerie de portraits de “décrocheurs de médailles”, olympiques mais pas que, issus de la diaspora.

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