Après un été marqué par le retour temporaire de millions de Marocains du monde dans leur pays d’origine, l’opération Marhaba est désormais terminée. Les restrictions de déplacement, elles, continuent d’évoluer au gré de la pandémie de Covid-19. Pour que vous prépariez au mieux votre voyage vers ou depuis le Maroc, nous actualisons régulièrement ce guide pratique.

[article mis à jour mercredi 20 octobre à 15 h]

Les liaisons aériennes directes depuis le Maroc vers l’Allemagne, vers les Pays-Bas et vers le Royaume-Uni sont suspendues à compter du mercredi 20 octobre à 23 h 59. S’exprimant sur son compte Twitter, la directrice générale d’Air Arabia, Laila Mechbal, avance une « décision des autorités« . La mesure pourrait avoir été prise en raison de la remontée importante du nombre de cas quotidiens d’infection à la Covid-19 enregistrés dans ces trois pays au cours des derniers jours, allant de presque 4 000 à plus de 40 000. Le même motif avait été invoqué le 5 octobre dernier lorsque les vols vers la Russie ont été arrêtés. Royal Air Maroc a confirmé par la suite l’information, assurant ses passagers concernés de la possibilité d’échanger gratuitement ou de se faire rembourser sous forme d’avoir leurs billets.

La Turquie reconnaît désormais le pass vaccinal marocain. Les voyageurs provenant du royaume ne sont donc plus obligés de présenter le résultat d’un test de dépistage négatif avant de pénétrer sur le territoire turc. Ils doivent simplement remplir (au plus tard 72 heures avant leur arrivée) une fiche sur le site du ministère de la Santé et justifier d’un schéma vaccinal complet dont la dernière injonction date d’il y a plus de 14 jours, réalisé avec les sérums Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Janssen – Sinopharm n’étant pas reconnu par Ankara.

Depuis lundi 11 octobre, la France a reclassé officiellement le Maroc de pays « rouge » à « orange », c’est-à-dire où est observée « une circulation active du virus dans des proportions maîtrisées, sans diffusion de variants préoccupants ». Concrètement, cela signifie qu’à partir de ce jour-là à minuit, les voyageurs en provenance du royaume et complètement vaccinés – avec un sérum reconnu par l’Union européenne, ou avec Sinopharm et ayant reçu en complément une 3e dose à ARNmessager – n’ont plus besoin de justifier d’un motif impérieux ni de se soumettre à un quelconque test, une déclaration sur l’honneur d’absence de symptômes et de contacts récents avec une personne infectée suffisant. Pour les non- ou incomplètement vaccinés – ou avec un vaccin non reconnu par l’OMS – les conditions demeurent strictes, avec tests et quarantaine de sept jours à l’arrivée.

Depuis le 11 octobre également, le pass vaccinal marocain est reconnu par les autorités britanniques. Les visiteurs arrivant du royaume, vaccinés avec AstraZeneca, Pfizer, Moderna ou Janssen et n’ayant pas transité par un pays « rouge » au cours des dix jours précédents, peuvent donc circuler librement au Royaume-Uni – après tout de même un test négatif deux jours après l’atterrissage. Ceux n’ayant pas reçu de vaccin ou bien celui d’une autre marque restent en revanche soumis à un isolement obligatoire de dix jours dans un hôtel et à la présentation de tests PCR négatifs, effectués au préalable ainsi qu’aux 2e et au 8e jours.

Allègement progressif des restrictions

Dans la foulée du décret validant le principe d’une 3e dose d’un vaccin à ARNmessager pour les voyageurs vaccinés avec un sérum reconnu par l’OMS mais pas par elles, les autorités françaises ont précisé certains détails. Ainsi, les arrivants présentant un schéma vaccinal complet avec Sinopharm par exemple pourront obtenir leur pass sanitaire dans l’Hexagone sept jours après avoir reçu une seule injection supplémentaire utilisant la technologie développée par Pfizer ou Moderna (obligatoirement réalisée plus de 4 semaines après la seconde piqûre), quand il en faudra deux pour ceux incomplètement vaccinés (administrées entre 21 et 49 jours d’intervalle).

Depuis lundi 27 septembre, la Suède a rouvert ses frontières aux Marocains complètement vaccinés – y compris avec Sinopharm –, et ce sans avoir à réaliser au préalable un quelconque test ou à être placé en quarantaine à l’arrivée. Cette décision s’applique également aux voyageurs en provenance d’Albanie, d’Israël, d’Andorre, des îles Féroé, de Monaco et du Panama, dont le pass sanitaire est considéré depuis la mi-septembre comme équivalent au pass européen.

Par ailleurs, le retour estival des Marocains résidant à l’étranger (MRE) a largement contribué à la reprise du trafic aérien à destination du Maroc. Selon les chiffres de l’Office national des aéroports (ONDA), 31 000 vols ont déposé sur les tarmacs du royaume quelque 3,5 millions de passagers entre le 15 juin – date de la réouverture exceptionnelle des frontières – et le 31 août. Cela représente 65 % de la fréquentation enregistrée au cours de la même période en 2019, avant le déclenchement de la pandémie du nouveau coronavirus. L’aérogare Mohammed-V à Casablanca a le mieux tiré son épingle du jeu avec 1,5 million d’arrivants, suivie par celle de Marrakech-Menara avec 565 680.

Mesures sanitaires drastiques

Le pass vaccinal marocain est désormais reconnu par l’Union européenne, d’après une décision de la Commission inscrite mardi 14 septembre au Journal officiel de l’organisation. Cela ne modifie cependant pas les conditions d’entrée dans l’espace communautaire, définies individuellement par chaque pays.

Les autorités de la région de Bruxelles ont par exemple décidé d’imposer, à partir de vendredi 17 septembre, une quarantaine de dix jours pour les voyageurs non vaccinés en provenance de pays classés « rouge », comme le Maroc. Ce délai peut être raccourci sur présentation d’un test PCR négatif réalisé le 7e jour suivant l’arrivée sur le territoire de la capitale belge. Quant aux personnes vaccinées – ou présentant un certificat de rétablissement –, elles peuvent se contenter de présenter les résultats négatifs de tests effectués les 1er et 7e jours.

Deux semaines plus tôt, le Canada a suspendu ses liaisons aériennes directes avec le Maroc du dimanche 29 août au mercredi 29 septembre, ont informé les autorités canadiennes. Les voyageurs marocains qui arriveraient au cours de cette période doivent fournir le résultat négatif d’un test effectué dans un pays tiers, ou bien l’attestation délivrée par ce dernier d’une infection entre 14 jours et 180 jours avant la date de départ.

La France, quant à elle, avait décidé de placer depuis le samedi 21 août le Maroc dans la liste rouge des pays où la circulation du virus et notamment de ses variants est préoccupante. Cela signifie que les voyageurs non vaccinés devaient justifier d’un motif impérieux avant de pénétrer sur le territoire hexagonal, présenter un test PCR ou antigénique négatif et s’auto-isoler durant dix jours.

Liste des motifs impérieux édictée par les autorités françaises pour les voyageurs à destination et en provenance d’un pays classé « rouge ».

Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont un accès facilité aux laboratoires afin de réaliser gratuitement les tests PCR leur permettant de retourner dans leur pays de vie après un séjour estival dans le royaume, affirme une circulaire du ministère marocain de la Santé datée du 9 août. Cela concerne les établissements publics, en particulier les Centres hospitaliers universitaires (CHU), l’Institut national d’hygiène et l’Institut Pasteur du Maroc.

« Ladite prestation revêt un caractère urgent et devra être accomplie sans délai, selon un circuit d’accès bien défini et respectant les modalités d’exécution des analyses de biologie médicale et les mesures barrières préventives », explicite le texte.

Auto-isolement à l’arrivée au Maroc

« Les citoyens marocains/originaires du Maroc en provenance des pays de la liste ‘B’ ainsi que leurs familles (conjoints, ascendants, descendants), sont appelés à s’isoler à domicile une fois au Maroc pendant cinq jours », a officialisé lundi 12 juillet le ministère marocain des Affaires étrangères dans un tweet, suivant ainsi l’avis du comité national scientifique et technique. Un test (antigénique ou PCR) négatif doit être effectué le 5e jour pour tous les nouveaux arrivants de plus de 11 ans, a-t-il été précisé. Le ministère a par ailleurs ajouté mercredi 14 juillet que les étrangers résidant au Maroc – dont un quart sont français – sont également éligibles à ces conditions. Toutes les personnes concernées doivent remplir une attestation d’engagement sur l’honneur.

Dimanche 11 juillet, il avait été annoncé que la France, l’Espagne et le Portugal allaient être reversés deux jours plus tard dans la liste des pays de catégorie B. Concrètement, cela signifie que tous les voyageurs de plus de 11 ans en provenance de ces trois destinations doivent présenter, qu’ils soient complètement vaccinés ou non, un test PCR négatif de moins de 48 heures. Ces restrictions sont justifiées par la circulation de plus en plus active du variant Delta du Sars-Cov-2.

Opération spéciale Marhaba 2021

Dimanche 13 juin, le roi Mohammed VI avait “ordonné à l’ensemble des intervenants dans le domaine du transport aérien, en particulier la compagnie Royal Air Maroc, ainsi qu’aux différents acteurs du transport maritime, de veiller à pratiquer des prix raisonnables qui soient à la portée de tous, ainsi que d’assurer un nombre suffisant de rotations, afin de permettre aux familles marocaines à l’étranger de rentrer au pays et renouer avec leurs familles et proches, particulièrement dans le contexte de la pandémie de Covid-19”, relate un communiqué relayé par la MAP.

Dans la foulée, la plupart des compagnies aériennes et maritimes avaient mis en place des offres promotionnelles, leurs sites de réservation se retrouvant rapidement débordés par l’afflux de connexions.

1. Déterminez si votre pays de résidence vous autorise à sortir de son territoire et sous quelles conditions.

La France a classé le Maroc dans la liste des pays “rouge”. Pour s’y rendre, il faut avoir un motif impérieux. Être “ressortissant étranger rejoignant son pays” en est un suffisant, car rejoindre son pays reste un droit intangible du droit international. Comme l’an dernier, tous les enfants majeurs de Marocains qui ne peuvent pas attester de leur nationalité marocaine par une carte d’identité ou par un passeport ne pourront donc pas quitter le territoire français pour le Maroc.

Pour la Belgique et pour l’Espagne, il n’y a pas de restrictions au départ.

Quant à l’Italie, elle classe le Maroc dans sa liste “reste du monde” : les déplacements vers et depuis le Maroc ne sont autorisés que pour des raisons spécifiques telles que travail, santé ou études, urgence absolue, retour à son domicile ou à sa résidence.

2. Déterminez si le Maroc vous autorise à entrer sur son territoire.

Le Maroc a défini deux listes de pays qui seront actualisées régulièrement, au moins deux fois par mois, selon le besoin.

La liste A rassemble les pays en provenance desquels vous pourrez rentrer au Maroc sous conditions. Il s’agit de tous ceux présentant des indicateurs positifs en ce qui concerne le contrôle de la situation épidémiologique, en particulier la propagation des variants du virus. Jusqu’à la mi-juillet, toutes les nations de l’Union européenne et la quasi-totalité de celles où résident des Marocains y figuraient.

La liste B rassemble quant à elle 81 pays depuis lesquels vous ne pouviez venir au Maroc sauf autorisations exceptionnelles obtenues préalablement auprès des autorités marocaines ; une restriction finalement levée dimanche 13 juin pour les MRE – même si elle continue de s’appliquer aux touristes.

3. Déterminez si votre pays de résidence vous acceptera à votre retour.

La France a classé le Maroc pays “rouge”, ce qui signifie que seuls les voyageurs ayant un motif impérieux peuvent s’y rendre sauf s’ils ont été vaccinés. Pour tous les autres, vaccinés ou non, il faut, pour entrer en France : être Français, ou avoir un titre de séjour ou un visa de long séjour français ou européen valide et avoir en même temps sa résidence principale en France, ou rejoindre en transit par la France sa résidence principale dans un pays de l’Union européenne, ou disposer d’un titre de long séjour délivré dans le cadre du regroupement familial ou de la réunification familiale des réfugiés, ou encore être bénéficiaire de la protection subsidiaire et apatride.

Le retour en Italie depuis le Maroc (pays E / “reste du monde”) ne pose pas non plus de problème. Il est toujours autorisé aux citoyens italiens et européens et aux membres de leur famille, ainsi qu’aux titulaires du statut de résident de longue durée et aux membres de leur famille, mais aussi à ceux qui ont une relation affective avérée et stable (même s’ils ne cohabitent pas avec des citoyens italiens ou européens) avec un résident en Italie ou qui rejoignent leur domicile ou celui de leur partenaire en Italie.

La Belgique et l’Espagne permettent à tous ceux qui souhaitent rentrer sur leur territoire en provenance du Maroc (pays à risque pour l’Espagne, en zone rouge pour la Belgique) de le faire indépendamment de leur lien avec le pays.

4. Déterminez si le Maroc vous laissera ressortir à la fin de votre séjour.

Aujourd’hui, la chose est entendue implicitement pour les MRE puisque c’est pour eux, notamment, que le Maroc a décidé de la reprise des liaisons aériennes et maritimes, mais si l’on s’en tient aux règles établies explicitement par le Maroc, les Marocains doivent être vaccinés pour sortir du territoire pour motif touristique. Rien n’est précisé pour les autres motifs.

5. Choisissez un moyen de transport.

Depuis le 15 juin, les liaisons aériennes ont repris. Il faut consulter le site des compagnies qui vous intéressent pour choisir votre vol, sachant que le roi Mohammed VI a donné ses instructions pour que les tarifs soient “raisonnables”.

Toutes les frontières terrestres du Maroc, y compris celles de Sebta et de Melilla, restent complètement fermées.

L’Espagne étant exclue de l’opération Marhaba pour la deuxième année consécutive, les liaisons maritimes régulières se réduisent cette année encore à l’aller-retour Tanger-Sète, à raison de deux ou trois départs par semaine assurés par la compagne maritime GNV, ainsi qu’à d’autres lignes directes depuis Marseille ou Gênes.

6. Effectuez un test PCR avant votre départ.

Si vous résidez dans un pays B – et ce même si vous êtes vacciné –, vous devez effectuer un test PCR (négatif) 48 heures au maximum avant votre heure de départ (décollage ou départ du bateau) pour le Maroc. En provenance des pays de la liste A, le délai pour la validité du test a été allongé mardi 6 juillet à 72 h.

Si vous arrivez depuis un des pays de la liste B, que vous avez obtenu au préalable une autorisation exceptionnelle auprès des autorités marocaines et que vous avez réussi à trouver un vol pour le Maroc, alors, en arrivant au Maroc vous devrez – en plus du test – vous isoler pendant dix jours dans l’un des hôtels agréés. Si vous êtes vacciné, la quarantaine n’est plus obligatoire, ont finalement spécifié les autorités dimanche 4 juillet.

Nouzha El Ouafi, la ministre chargée des MRE, a précisé mardi 15 juin que cette liste serait élargie à des établissements situés dans les villes de Tanger, Asilah, Tétouan, Essaouira, Inezgane, Aït Melloul, Dakhla, Ouarzazate, Nador, Oujda, Agadir, Al Hoceïma, Laâyoune, Marrakech, Rabat et Fès. La semaine suivante, le détail a été communiqué puis complété comme suit (une attestation de réservation pour dix jours sera demandée à l’entrée sur le territoire marocain) :

7. Restez informé de l’évolution de la pandémie au Maroc et dans votre pays de résidence.

Lors des deux dernières fermetures de ses frontières, le Maroc avait appliqué très rapidement sa décision. Il faut donc rester en capacité d’anticiper votre retour en fonction des informations disponibles si la perspective de rester bloqué au Maroc est inenvisageable pour vous. Les frontières du Maroc sont toujours officiellement closes et les vols s’effectuent dans le cadre d’autorisations exceptionnelles. Le Maroc reste donc en capacité de les refuser du jour au lendemain.

8. Respectez les mesures mises en place par votre pays de résidence lors de votre retour.

Le Maroc, comme l’immense majorité des pays du monde, est actuellement placé par la Belgique en zone rouge. À ce titre, depuis le 9 juin, les personnes de plus de 12 ans – quelle que soit leur nationalité – disposant d’un certificat covid numérique européen attestant d’une vaccination complète (+2 semaines), d’un test PCR négatif réalisé dans les 72 heures qui précèdent l’arrivée en Belgique (et non le départ du Maroc) ou d’un certificat de rétablissement peuvent entrer en Belgique sans se mettre en quarantaine, contrairement à ce qui était demandé jusqu’ici. Les Belges ont aussi la possibilité de se faire tester le jour de leur arrivée ou bien le lendemain.

La France a classé le Maroc comme pays “rouge”. À ce titre, que vous ayez été vacciné ou non et quel que soit le vaccin, l’État vous demande d’effectuer un test (négatif) au maximum 72 heures ou un test antigénique (négatif) au maximum 48 heures avant votre retour en France. À l’aéroport, vous serez susceptible de devoir réaliser de nouveau un test antigénique.

L’Espagne attend de tous les voyageurs de plus de 12 ans venus de pays à risque (une liste actualisée tous les sept jours), comme le Maroc et comme l’immense majorité des pays du monde, qu’ils aient rempli avant leur départ un formulaire de contrôle sanitaire (FCS) sur le site www.spth.gob.es ou via l’application Spain Travel Health (SpTH). Après avoir fourni les renseignements demandés, ces plateformes génèrent un code QR individualisé que le voyageur doit présenter aux entreprises de transport avant l’embarquement, ainsi que lors des contrôles sanitaires au point d’entrée en Espagne. Le voyageur devra également présenter un certificat de vaccination numérique européen (+14 jours), ou bien un test PCR négatif ou antigénique de moins de 48 heures à l’arrivée en Espagne, ou bien un certificat de rétablissement du Covid valable au plus tard 180 jours après la date du premier résultat positif. Le détail du contenu de ces documents est indiqué ici. À l’arrivée en Espagne, les voyageurs doivent encore se soumettre à un contrôle sanitaire, comportant a minima une prise de température, un contrôle des documents sanitaires et un contrôle visuel de leur état.

Pour revenir en Italie, il faut avoir réalisé un test PCR ou antigénique au maximum 72 heures au préalable, et rempli une “auto-déclaration” où est indiqué la raison de votre retour (parmi celles indiquées au point 3). Il est conseillé d’être prêt à présenter toute pièce justificative et à répondre aux éventuelles questions du personnel en charge des contrôles.

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