En seulement quelques années, la jeune Rbatie Myriam Ghilan s’est fait une place dans le microcosme artistique parisien. Récit de l’irrésistible ascension d’une artiste aux toiles, aux décors et aux vêtements aussi éclectiques que raffinés.

En 2010, après avoir obtenu son baccalauréat au lycée Descartes à Rabat, Myriam Ghilan, artiste peintre depuis sa plus tendre enfance, s’envole pour Paris afin d’y poursuivre des études supérieures. Diplômée en marketing, elle travaille dans un premier temps dans l’immobilier. Chez Barnes, une agence immobilière de luxe où elle officie pendant deux ans, elle rencontre plusieurs personnalités issues d’univers éclectiques et se constitue un solide réseau.

“Grâce à cette expérience, j’ai pu rencontrer des personnalités du monde de la finance, des affaires, des médias, que je n’aurais pas pu croiser dans la vie de tous les jours”, analyse avec recul celle qui est aujourd’hui trentenaire.

Myriam Ghilan devant l’un de ses tableaux (crédit : DR).

Révélation sous les tropiques

Deux ans après son arrivée, grâce à une rencontre professionnelle dans la capitale française, elle s’envole pour Saint-Barthélemy afin de participer à un projet de rénovation et de décoration de deux villas d’exception appartenant à des célébrités. La beauté du lieu éveille en elle de nouvelles inspirations, aussi bien en architecture qu’en design d’intérieur.

“Cette île m’a porté bonheur. C’est un havre de paix, la nature et les couleurs y sont chatoyantes. Cette expérience humaine et artistique m’a éclairé vers la voie professionnelle que j’avais envie d’emprunter”, raconte-t-elle.

De retour en métropole, elle se projette en tant que décoratrice d’intérieur. Elle se documente, participe à des grands salons de design en France et à l’étranger, et continue d’achever ses toiles hybrides, mélanges de peinture et de perles de verre. “J’avais accumulé plusieurs contacts à Paris et à Saint-Barthélemy, et je travaillais pour finaliser ma collection dans le but d’organiser mon premier vernissage”, poursuit l’autodidacte.

Célèbres clients

Pendant plusieurs années, elle affine son projet professionnel, se diversifie et lance dans le même esprit sa collection de photophores et de bouteilles nabuchodonosor (15 litres).

“Plus jeunes, ma sœur et moi étions absorbées par les activités artistiques. J’ai fait de la gravure sur verre et sur bois, de la peinture sur soie ainsi que de la pyrogravure”, explique la Franco-Marocaine. Depuis son plus jeune âge, elle customise ses affaires, brode, tisse, dessine et développe différentes techniques de pose et de sertissage.

En moyenne, ses toiles actuelles nécessitent entre deux mois et deux ans de travail, car certaines sont parsemées de milliers de perles posées les unes après les autres – sa spécialité. Plusieurs célébrités ont déjà été séduites par ses tableaux – coûtant plusieurs milliers d’euros l’unité –, à l’image de l’acteur Michael Youn et du présentateur de télévision Cyril Hanouna, lequel n’a pas hésité à médiatiser l’un de ses achats sur les réseaux sociaux.

Éclectisme et cosmopolitisme

Myriam compose grâce à des pigments naturels, et utilise même des extraits de fruits ou des légumes tels que la betterave, la carotte, le chou rouge ou encore la grenade. La jeune femme se passionne aussi pour le stylisme, et dessine plusieurs types de vêtements comme des robes en soie, des dentelles et des vestes qu’elle peint pour y apporter sa touche personnelle.

Le relief des matières laisse apparaître un autre sens, une autre vision entre le jour et la nuit. La peinture vit et évolue, changeant au gré des lumières et des ombres.

Myriam Ghilan

“Les palettes choisies sont vives et éclatantes. Le relief des matières laisse apparaître un autre sens, une autre vision entre le jour et la nuit. La peinture vit et évolue, changeant au gré des lumières et des ombres”, décrit-elle.

Née en 1991 d’un père marocain et d’une mère alsacienne, la binationale parle cinq langues : français, arabe, anglais, espagnol et alsacien. Elle confie que sa double culture l’inspire énormément dans son travail.

Succès international

Myriam Ghilan a créé la société ArtFive, spécialisée dans la décoration d’intérieur à Paris, et a exposé en 2018 tout d’abord à la Galerie 89, puis sur l’avenue de la grande armée, au Caroussel du Louvre et à la Galerie Sonia Monti, ainsi qu’à la prestigieuse Galaxie des arts située sur la place des Vosges.

Au-delà de l’Hexagone, elle a participé à plusieurs vernissages à Cologne, à Valence et même à Hong Kong. “La dernière exposition s’est déroulée en mai à Paris, à la mairie du 7e arrondissement. En juillet, je vais également exposer mes œuvres à Saint-Tropez. Plusieurs personnalités connues et moins connues seront présentes à mes vernissages, qui sont devenus des rendez-vous incontournables de la jet-set française et internationale !”, s’enthousiasme-t-elle.

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