Venir étudier au Québec exige une bonne préparation et être accepté dans un établissement ne suffit pas pour réaliser son projet. Alain Olivier, directeur du Bureau du Québec à Rabat nous explique comment mettre toutes les chances de son côté.

Il faut se rappeler que la démarche d’immigration pour venir au Québec se fait en deux temps”, insiste Alain Olivier, directeur du Bureau de Québec à Rabat. 

À la différence des autres provinces et territoires canadiens comme l’Ontario, le Québec sélectionne ses immigrants et ses étudiants. Ensuite, le gouvernement fédéral canadien donne le permis d’études et permet l’accès au territoire canadien. 

Pour étudier au Québec, il faut demander un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Cela prend 20 jours ouvrables. Après la réception de ce document, vous pourrez demander le permis d’études auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Au Maroc, ces deux étapes peuvent être engagées en même temps. Il faut fournir une preuve d’ouverture de dossier au niveau québécois lors de la demande de permis au niveau fédéral canadien”, détaille M. Olivier. 

La lettre d’acceptation de l’établissement ne suffit pas

Vous avez reçu une lettre d’acceptation d’un établissement d’enseignement supérieur québécois ? Il faut agir vite, selon M. Olivier : “On la reçoit autour des mois de mars, avril ou mai. Le temps est court pour une rentrée début septembre. Ceux qui ne commencent pas ces démarches rapidement auront des surprises.

Avant de prendre l’avion, vous devez avoir en main tous vos documents en règle, avoir obtenu votre CAQ et votre permis d’études. “On s’imagine que la partie est gagnée après l’acceptation. Il ne faut pas négliger le temps requis pour remplir le dossier d’immigration et satisfaire à toutes les exigences administratives avant le début des cours”, poursuit M. Olivier. 

Preuve de ressources financières, combien faut-il ?

Que ce soit pour demander un CAQ ou le permis d’études, chacun doit prouver qu’il aura les ressources financières suffisantes pour vivre le temps de ses études.

Il faut donner la preuve d’actifs liquides, tels que des états bancaires, une traite bancaire, une lettre de la personne qui vous appuie financièrement, etc. “C’est important, car une fois au Québec, l’étudiant doit subvenir à ses besoins quotidiennement”, recommande Alain Olivier.

Les étudiants marocains ont deux choix pour demander leur permis d’études : le Volet direct pour les études ou la voie régulière

Le volet direct n’est pas encore très connu, mais c’est tout à l’avantage de l’étudiant d’utiliser cette voie accélérée”, rassure M. Olivier. Il permet d’acheter un certificat de placement garanti d’au moins 10 000 $. C’est environ la somme demandée aux étudiants étrangers pour subvenir à leurs besoins pendant au moins un an. 

Ceux qui ne sont pas admissibles au volet direct peuvent prouver de ressources financières suffisantes de la même manière que pour le CAQ. 

Des aides financières  ? 

Il existe des bourses pour aider à payer les frais de scolarité ou subvenir à ses besoins au Québec. “Plus on avance dans le cursus, vers la maîtrise ou le doctorat, plus c’est facile. On peut avoir un poste d’assistant à la recherche, par exemple. Il existe des bourses des universités ou des fonds de recherche”, explique Alain Olivier. M. Olivier recommande de feuilleter les pages des Fonds de recherche du Québec en Nature et Technologies, Santé et Société et Culture

Pour réduire les frais de scolarité à l’université, il existe une entente de mobilité entre le Maroc et le Québec pour des exemptions des frais de scolarité additionnels à l’université. “Les étudiants peuvent bénéficier de ces exemptions partielles à tous les niveaux et pendant la durée de leur programme”, précise M. Olivier. 28 exemptions sont encore disponibles.

Le concours est ouvert jusqu’au 16 mai sur le portail Ma Bourse du gouvernement marocain.

Quant au premier cycle, aux écoles ou aux cégeps, il faut vérifier auprès de chaque établissement. Leurs services aux étudiants internationaux sont là pour aider et répondre aux questions. 

Où trouver de l’aide ? 

Attention, les arnaques existent parmi les intermédiaires en immigration. Vous pouvez effectuer toutes vos démarches seul, à partir des sites web officiels. Tous les dossiers sont traités de manière équitable. Si vous retenez les services d’un intermédiaire pour vous aider, assurez-vous qu’il est reconnu.

Le Bureau du Québec à Rabat peut répondre aux questions des étudiants et des parents par courriel : qc.rabat@mri.gouv.qc.ca. Il est aussi recommandé de le suivre sur les réseaux sociaux (@QuebecRabat sur Facebook). Leurs services sont gratuits. 

Quelques ressources : 

  • Les Bureaux des étudiants internationaux (BEI) des universités, cégeps et autres écoles sont une grande source d’informations, gratuites. Ils organisent souvent des séminaires et rencontres d’information. 
  • Les organismes Montréal International et Québec International offrent des services d’accompagnement aux étudiants.

À ne pas oublier 

  • Tous les documents doivent être en règle et non expirés au moment de la demande. Si votre passeport est sur le point de se périmer, cela peut nuire à votre dossier. 
  • En plus du permis d’études et du CAQ, il faut demander une autorisation de voyage électronique (AVE), au coût de 7 $. 
  • Vous recevrez votre véritable permis d’études une fois arrivé à la frontière. La lettre reçue du gouvernement canadien n’est pas votre permis. C’est l’agent aux frontières qui le délivre. 
  • Vous devez toujours présenter un plan de quarantaine sérieux et respecter les directives sanitaires, comme indiqué sur le site du gouvernement du Canada.
  • Vérifiez que votre établissement est dans la liste des établissements d’enseignement désignés
  • Avec un permis d’études, vous pouvez travailler jusqu’à 20 heures par semaine pendant les études, et jusqu’à 40 heures par semaine pendant les vacances. 

Laissez un commentaire