Chirurgien, résistant, monarchiste, conservateur, il aura été l’artisan de l’intégration politique des islamistes aujourd’hui au gouvernement. De révoltes rifaines en modifications constitutionnelles, portrait de l’un des architectes majeurs de la scène politique marocaine et fondateur de “l’islamisme de Palais”.

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Ce dossier a été initialement publié dans le magazine TelQuel n°724 du 1er juillet 2016.

Nous sommes en novembre 2011. Abdelilah Benkirane, à peine les résultats des élections législatives connus, se rend au domicile du docteur Khatib, alors que le PJD, son parti, vient d’être proclamé vainqueur. Un ultime hommage et tout un symbole. Abdelkrim Khatib est décédé le 28 septembre 2008, mais, sans lui, Benkirane ne serait peut-être pas le Chef du gouvernement.

Politique, religion et attachement au trône coulent dans les veines d’Abdelkrim Khatib, né le 2 mars 1921 à El Jadida, fils d’un pieux tijani et petit-fils de grand vizir. Jeune actif, initié aux idées de la Nahda, Khatib brille avant tout comme médecin. Après des études en Algérie et un internat à l’actuel hôpital Avicenne de Paris, il rentre en 1950 à Casablanca, pour devenir le premier chirurgien marocain du pays. Le prince Moulay Hassan assiste à l’ouverture de son cabinet. Khatib avait déjà été décoré du Wissam alaouite par Mohammed V pour son action auprès des Marocains de France.

C’est en venant en aide aux blessés qu’il serait entré en contact avec la résistance et Mohamed Zerktouni. Il monte à Tétouan, coordonne des actions dans le Rif, fournit et fait circuler armes et argent et devient ainsi un des fondateurs de l’Armée de libération nationale. Il ressort auréolé d’une gloire certaine, mais aussi avec de la méfiance envers les cadres de l’Istiqlal. Et dans la période trouble de l’immédiate indépendance, le docteur Khatib décide de se ranger du côté de la monarchie. Il est même de ceux qui accompagnent le prince Moulay Hassan pour convaincre les membres de l’Armée de libération, que l’Istiqlal compte contrôler, de rendre les armes et de rejoindre les Forces armées royales. Commence un long parcours d’obligé du Palais.

Le défenseur du trône

Pour contrer l’Istiqlal, il co-crée, avec Mahjoubi Aherdane en 1957, le Mouvement Populaire (MP). Déjà, il fait montre de vivacité intellectuelle quand il s’agit de préserver l’identité islamique face à d’autres courants de pensée. “Au sein du MP, il popularise le terme de “socialisme islamique”. Le socialisme était à la mode et il fallait montrer que l’islam comprenait des aspects de cette idéologie”, explique Lahcen Daoudi, cadre du PJD et ministre de l’Enseignement supérieur. Mais le MP a d’autres missions que théoriques. Dissous par le gouvernement istiqlalien, le parti, dont chacun connaît sa proximité avec le prince Moulay Hassan, a pour vocation de rassembler les notables brouillés avec l’Istiqlal et de lui opposer une identité rurale et amazighe.

Pour contrer la formation politique la plus puissante du royaume, Khatib et Aherdane décident, en 1958, avec le feu vert de Moulay Hassan, d’exhumer le corps du résistant rifain Abbas Messaadi, dont la rumeur voulait qu’il ait été tué par l’Istiqlal. Ils lui organisent des obsèques à Ajdir. Comme prévu, la cérémonie tourne à la manifestation de colère. Khatib est arrêté. Il passe deux mois dans la prison de Aïn Qadous (à Fès), où il rencontre Benabdellah Lougouti, résistant lui aussi, et qui lui restera fidèle. Mais Khatib a rempli sa mission : le parti historique de l’indépendance, qui faisait concurrence à la légitimité du trône, ressort affaibli de cette crise.

Ses loyaux services sont dûment récompensés. En 1960, Mohammed V dissout le gouvernement campé à gauche d’Abdellah Ibrahim. Dans le nouvel Exécutif, Khatib, qui avait continué à exercer la médecine, est nommé ministre de l’Emploi et des Affaires sociales. Dans la foulée, il héritera des portefeuilles de ministre d’État chargé des Affaires africaines et celui de la Santé publique.

Initiateur de la Commanderie des croyants

“Le terme de Commandeur des croyants a semble-t-il été ajouté dans la discussion à la demande du docteur Khatib”

Remy Leveau, politologue

Dans la Constitution de 1962, “le terme de Commandeur des croyants a semble-t-il été ajouté dans la discussion à la demande du docteur Khatib”, écrit le politologue Remy Leveau. Le titre offre un important pouvoir symbolique et politique au monarque en plus de marquer l’identité religieuse de la nation.

Sa proximité avec Hassan II est réelle et remonte à sa prime jeunesse

En 1963, Khatib est à nouveau la courroie de transmission du Palais. Ahmed Reda Guédira, directeur du cabinet royal, crée un parti de notables et de technocrates, le Front de défense des institutions constitutionnelles (FDIC), en vue de contrecarrer l’Istiqlal et l’UNFP aux élections. Khatib, à la demande de Hassan II, pousse le MP à rejoindre le FDIC, alors que de nombreux militants hésitent.

Après le scrutin, Khatib est nommé à la présidence du premier parlement marocain, avec comme vice-président son bras droit Lougouti. Les bons offices du docteur sont parfois vitaux. Selon le résistant Moulay Abdeslam Jebli, dans son livre Feuillets sur l’histoire de la Résistance, c’est le général Oufkir et lui qui recueillent, auprès d’un Syrien, des informations sur le complot de 1963 mené par Fqih Basri contre la monarchie.

Sa traversée du désert

Homme du sérail, le docteur n’en fait pas moins preuve de ténacité. Il s’oppose ainsi, en 1965, à la promulgation par Hassan II de l’état d’exception, qui signifie la dissolution du parlement qu’il préside. Pire, après une brouille avec Aherdane, en 1966, ce dernier profite de l’absence de Khatib, alors en voyage en Arabie Saoudite, pour tenir un congrès et l’exclure des instances du MP. Khatib fonde alors, en compagnie de Lougouti, le Mouvement populaire démocratique et constitutionnel (MPDC). Le parti vivote tout juste, d’autant qu’il boycotte un grand nombre de scrutins, mais le docteur n’est pas totalement inactif.

En plus de continuer à exercer comme chirurgien, entre autres dans la clinique du médecin de Mohammed V – Henri Dubois-Roquebert, tué lors du coup d’État de Skhirat –, il s’envole en 1973 avec les troupes marocaines qui participent en Syrie à la Guerre d’octobre contre Israël, puis participe à la Marche verte. Il s’active pour développer la solidarité avec la communauté musulmane et sa maison accueille un véritable défilé de militants du monde entier (voir encadré). Son attachement au référentiel islamique, comme son aversion toute particulière pour les idées de gauche ou la personne de Mehdi Ben Barka (qu’il va jusqu’à accuser de meurtre) sont des constantes. Sur le conseil de Frères musulmans, il abandonne le terme de “socialisme islamique”.

En 1975, Khatib, comme les autres notables et puissants, participe à la Marche verte.©DR

À plusieurs reprises, Khatib en appelle à des réformes fondées sur des principes religieux. “En 1982, il demande même à Hassan II la permission de créer un parti à référentiel islamique, qui aurait pris le nom de Parti de la renaissance islamique, ce qui lui a été refusé”, raconte Mohamed Khalidi, président du Parti renaissance et vertu (PRV). Ce dernier précise que “les colonnes d’Al Maghrib Al Arabi, le journal du MPDC, étaient ouvertes à des points de vue islamisants”. Khatib s’éloigne un peu plus du Palais. “Hassan II, qui avait l’habitude de rendre visite à ma grand-mère, Meryem Guebbas, dont il était très proche, a même évité d’aller la voir pour ne pas susciter de gêne”, raconte Hind, une des filles du docteur.

La rencontre avec les islamistes

Il faut attendre les années 1990 pour que le MPDC prenne vie, grâce à l’essor d’un mouvement islamiste avec lequel Khatib semble en adéquation. Son conservatisme, ses difficultés politiques et les ambitions d’un groupe de jeunes islamistes vont coïncider. Le tout avec, comme toile de fond, une ouverture politique tout en mesure opérée par le Palais, bien que ce dernier semble plutôt observer une jonction dont l’initiative revient à des militants nommés Abdelilah Benkirane, Mohamed Yatim, Saâd-Eddine El Othmani ou encore Abdellah Baha, qui sortaient d’une période mouvementée.

En 1981, ils ont entamé une révision idéologique et rompu avec la turbulente Chabiba islamiya, créée par Abdelkrim Moutiî, dont l’expérience est un échec. Les jeunes militants changent alors de tactique. “Direction collective à la place d’un seul chef, action politique dans le cadre des institutions existantes (…) au lieu du recours à la violence”, liste l’islamologue Youssef Belal dans Le Cheikh et le calife.

Sur ces bases, ils vont créer la Jamaâ islamiya, dont l’activité est, entre autres, la prédication pacifique, avant de changer encore de nom pour devenir Harakat Al Islah Wa Attajdid (Mouvement de la réforme et du renouveau). Puis, ils vont tout tenter pour exister sur la scène politique : prises de contact avec l’Istiqlal, dépôt de dossier pour la création d’un Parti de la réforme nationale… En vain.

En juin 1992, Benkirane et Abdellah Baha rencontrent le docteur dans sa demeure sur la route des Zaërs. La première entrevue est froide. Khatib se méfie de ces jeunes activistes, qui le lui rendent bien, ne voyant en lui qu’un “homme du Palais”, selon les mots de Benkirane au mensuel Zamane. Selon un ancien de la Jamaâ islamiya, Abdellah Lamari, des Frères musulmans syriens et égyptiens, “dont le fameux Égyptien Saleh Abou Raqiq”, participent à trouver une entente. Khatib s’assure surtout que les anciens affidés de Moutiî reconnaissent la monarchie.

Aujourd’hui député PJD, Mohamed Yatim se souvient : “Il a posé des conditions simples: islam, monarchie et rejet de la violence. Ce que nous avons approuvé.” Le parti de Khatib, qui ne comptait plus que quelques dizaines de militants vraiment actifs, revit, investi par des jeunes à la motivation certaine, même si le Palais n’autorise pas sa participation aux élections de 1992.

Et le PJD fut

Durant quatre ans, Benkirane et ses proches s’activent au sein du parti. Au mois de juin 1996, dans la pure tradition islamiste, quelque 600 congressistes se rassemblent dans la demeure du docteur, après que les autorités ont délivré une autorisation à la dernière minute. Dans le nouveau secrétariat général du MPDC, aux côtés de Lougouti, le fidèle adjoint, on trouve Benkirane, qui devient vice-secrétaire général. Le rapprochement entre Khatib et les futurs cadres du PJD, arrangeant pour les deux parties comme pour le Palais, est acté. Quasi simultanément, Ahmed Raïssouni et sa Ligue de l’avenir islamique rejoignent les nouveaux cadres islamistes pour créer le Mouvement unicité et réforme (MUR). Aux premiers, l’action politique et syndicale, aux seconds la prédication. L’espace d’évolution des conservateurs marocains tel que nous le connaissons aujourd’hui est né. Le Palais ne semble pour le moment n’avoir qu’une condition : que le docteur reste secrétaire général afin d’assurer une intégration contenue des islamistes.

Au sein du parti, qui change de nom en 1998 pour devenir le Parti justice et développement (PJD), les discussions sont parfois vives. Et les prises de position ne sont pas forcément celles qu’on pourrait attendre. “Je me souviens que nous étions parfois plus modérés que lui. Nous voulions approuver la Constitution de 1996, mais lui s’y est opposé”. Khatib décide de boycotter les élections communales de 1997, obligeant plusieurs islamistes qui veulent se lancer dans la course à se présenter “sans étiquette”.

Les élections législatives, la même année, sont de nouveau l’occasion de débats. L’ancien résistant penche cette fois en faveur d’une couverture totale du territoire, ayant reçu des engagements pour le bon déroulement du scrutin. Benkirane et les siens sont favorables à une limitation des candidatures. “Nous étions conscients qu’il ne fallait pas brusquer les choses”, se souvient Lahcen Daoudi. “Au final, nous avons trouvé un terrain d’entente, au chevet de son lit, avec la participation active de Mohamed Khalidi”, ajoute-t-il.

En 1997, bien que privés d’un grand nombre de candidatures, les islamistes font leur première entrée au parlement. Benkirane est élu député de Salé sous les couleurs du MPDC. L’expérience du gouvernement d’alternance de Youssoufi suscite elle aussi le débat. Alors que quelques jeunes militants, dont Benkirane, se prononcent en faveur d’une participation ou d’un soutien critique, Khatib choisit l’opposition. “Bien qu’il nourrissait beaucoup de respect pour Youssoufi, qu’il avait fréquenté durant la résistance”, précise sa fille, Hind.

La retraite, connais pas

Khatib continue à assurer une intégration progressive des islamistes dans le champ politique. Il tempère les profils les plus tempétueux du parti, à l’instar d’un Mustafa Ramid, raconte un ancien du PJD. En 2002, alors qu’on s’inquiète de toute part d’un raz-de-marée islamiste aux législatives, il discute directement avec le Palais pour se montrer rassurant. Des négociations l’auraient même poussé à accepter de revoir à la baisse le nombre de sièges obtenus, écrit l’islamologue Malika Zeghal, dans Les Islamistes marocains.

Âgé, Khatib n’est pas à la retraite pour autant. En 2003, le cheikh salafiste Hassan Kettani se réfugie à son domicile, qui devient le lieu d’intenses négociations entre islamistes et sécuritaires avant que Kettani ne soit amené devant la justice. Lors du projet de réforme de la Moudawana, le docte docteur s’oppose vivement au premier texte proposé et bat le pavé à Casablanca aux côtés de centaines de milliers de conservateurs. “Il est resté très vif, jusqu’au dernier jour”, résume Daoudi.

En 2004, Khatib passe la main à El Othmani qui devient SG du PJD

En 2004, toutefois, à 84 printemps, Khatib passe la main à Saâd-Eddine El Othmani, qui devient secrétaire général du PJD. Il fait désormais confiance à ses poulains, bien qu’il ait pris soin de mettre El Othmani en avant, plus souvent en accord avec lui que Benkirane et plus sage que Ramid. Les réunions des cadres se déroulent encore souvent à son domicile rbati et il conserve le titre honorifique de président fondateur. “Nous continuions à le consulter avant de prendre une décision importante”, se souvient Mohamed Yatim. “Il s’est consacré durant ses toutes dernières années à ses passions: les collections de pièces de monnaie, de timbres et d’armes anciennes”, se souvient sa fille Hind.

À son enterrement, ont assisté le prince Moulay Rachid, les dirigeants du mouvement islamiste et plusieurs de ses neveux : Moulay Ismaïl Alaoui, alors secrétaire général du PPS, Housni Benslimane, patron de la Gendarmerie royale, et Mohamed Saâd Hassar, ancien secrétaire d’État à l’Intérieur. Son esprit et son long parcours, eux, continuent d’imprégner les cadres du PJD, qui, parfois, l’appellent encore “le Père”.

Combats : solidarité indépendantiste

“Il a demandé : Quelles armes voulez-vous ? (…) Il m’a demandé : Combien vous voulez ?”… Lors d’un discours en Afrique du Sud en 1995, Nelson Mandela accueille chaudement le docteur Khatib à la tribune, après un panégyrique de plus de cinq minutes. En tant que ministre d’État chargé des Affaires africaines, le docteur a rencontré au Maroc le leader sud-africain qui se battait contre l’apartheid et l’a soutenu. Son cabinet de ministre compte d’ailleurs un certain Jacques Vergès, le fameux et sulfureux avocat français, connu pour sa défense du FLN algérien.

Cet aspect de la personne de Khatib est devenu mythique. “Sa maison était le lieu de rendez-vous de tous ceux qui se battaient pour les musulmans à travers le monde”, raconte Daoudi, avant d’égrainer : les Palestiniens, les Bosniaques, les Afghans, les Moros des Philippines… “Dans cette maison, j’ai vu passer des islamistes, le Tunisien Rached Ghannouchi et le Soudanais Hassan Tourabi, ainsi que Roger Garaudy (ancien communiste français converti à l’islam et accusé de négationnisme, nldr), ou encore les enfants de l’islamiste algérien Abbassi Madani, qui ont quitté l’Algérie clandestinement”, raconte encore Hind Khatib.

Avec d’autres, notamment Moulay Ali Kettani, père de Cheikh Hassan Kettani, Khatib est un défenseur de la communauté musulmane. “Il aidait des jeunes à se rendre en Afghanistan pour se battre contre les Soviétiques”, raconte Mohamed Khalidi, secrétaire général du Parti renaissance et vertu. “Son aversion pour les régimes laïcs va jusqu’à lui faire soutenir l’Iran chiite contre l’Irak baasiste, lors de la guerre qui a opposé les deux pays.” Il avait beaucoup d’admiration, d’ailleurs, pour l’ayatollah Khomeyni”, se souvient sa fille. À titre personnel, Khatib s’entoure de différentes figures. Il est ainsi un des seuls à fréquenter le futur président algérien Mohamed Boudiaf, qui a passé un long exil à Kénitra.

Famille : le grand écart

Abdelkrim Khatib est né dans une famille dont l’histoire toute particulière explique en partie, d’un côté, son attachement à la monarchie, et de l’autre, ses idées et ses choix politiques. Son grand-père maternel n’est autre que Mohamed Guebbas, qui était Grand vizir de Moulay Youssef entre 1913 et 1917, et que Mohammed Ben Youssef, le futur Mohammed V, visitait régulièrement à El Jadida. Ce qui permet aussi à Khatib de rencontrer le prince Moulay Hassan.

Hind, fille du docteur, explique : “Il était très proche de son grand-père, qui tenait souvent devant lui des discussions religieuses dans son salon avec des ouléma. Je pense que sa piété vient surtout de là.” Dans la maison d’El Jadida grandit un autre neveu de Khatib : le général Housni Benslimane. C’est toujours dans cette ville que Khatib a connu sa future épouse, la fille de Mohamed Boujibar, chargé des finances de l’éphémère république du Rif d’Abdelkrim El Khattabi.

Avec elle, il aura cinq enfants, dont quatre filles, “qui ont tous reçu une éducation très libérale”, selon Moulay Ismaïl Alaoui, ex-secrétaire général du PPS et autre neveu de Khatib. “J’ai eu des sympathies communistes via mon cousin Ismaïl Alaoui et il n’a jamais fait de remarques à ce sujet”, raconte Hind. Une des filles de Khatib épouse un fils de feu Houcine Aït Ahmed, le président du Front des forces socialistes, parti de gauche algérien.

Le père de Khatib, Omar, lui, a épaulé Mohamed Guebbas comme interprète de l’arabe au français et lors des campagnes militaires qu’il mène en tant que ministre de la Guerre de Moulay Abdelaziz. Omar Khatib, fidèle de la confrérie tijania, est issu d’une famille de notables algériens. Un des cousins algériens du docteur n’est autre que le “colonel Hassan”, de son vrai nom Youssef Khatib, un ancien commandant de l’Armée de libération algérienne. Selon Ismaïl Alaoui, l’esprit de résistance de Khatib est à chercher de ce côté. La branche algérienne de la famille le berce en effet avec les récits de la révolte d’Abdelkader à laquelle ont participé plusieurs de ses membres.

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