Episode 13/17. Grande figure de l’intelligence artificielle, ce professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne collectionne depuis une dizaine d’années les prix internationaux les plus prestigieux.

Ca fait plaisir parce quand on est élu par des gens qu’on respecte beaucoup, des grands du domaine, c’est comme si le ballon d’or était choisi par d’autres joueurs”. C’est ainsi qu’en juillet 2018, Rachid Guerraoui, 52 ans, réagissait, dans nos colonnes, à son élection au Collège de France à la tête de la chaire annuelle d’informatique et sciences numériques. Grande figure de l’intelligence artificielle, ce professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne collectionne depuis une dizaine d’années les prix internationaux les plus prestigieux.

Il est le premier Marocain à recevoir le grand prix américain ACM Fellow, qui récompense les travaux des scientifiques qui transforment les sciences et la société, et la non moins prestigieuse distinction européenne Senior ERC en 2012 et 2013. Commissariat à l’énergie atomique en France, Silicon Valley, MIT… ce natif de Rabat a roulé sa bosse dans les meilleurs laboratoires du monde.

A l’origine, une passion pour les algorithmes: “L’intelligence artificielle, c’est permettre à un monstre, parce que c’est monstrueux un ordinateur, d’être intelligent, c’est-à-dire de pouvoir déceler des maladies, de pouvoir enseigner des choses à des millions de gens, de pouvoir aller sur la lune, par exemple. C’est ce côté ‘monstre intelligent’ qui peut être intéressant pour l’humanité, mais aussi extrêmement dangereux, et donc qu’il faut canaliser”, illustrait Rachid Guerraoui.

Installé en Suisse, cet amoureux de surf n’a jamais coupé le cordon ombilical avec le Maroc. “Je m’implique en particulier avec l’ENSIAS à Rabat et avec l’université Mohammed VI de Benguerir pour construire des choses solides en informatique.” Surtout un master autour de l’intelligence artificielle à l’université de Benguerir. “C’est quelque chose de très ambitieux qui devrait aboutir à ce qu’on appelle une école doctorale. C’est-à-dire que des étudiants marocains pourront faire au Maroc des doctorats sur l’intelligence artificielle sous la supervision de profs marocains ou étrangers. L’idée est d’avoir une formation locale très forte”, espère-t-il.

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