Episode 7/17. C’est une success-story que l’on croirait écrite pour Hollywood et dont raffole le cinéma américain.

Une immigrée marocaine, née à Tanger en 1959, fille d’imam, issue d’une fratrie de sept enfants et qui a fait le choix de plier bagages, direction les Pays-Bas à la fleur de l’âge, 16 ans. A Amsterdam, elle devient femme de ménage et déchante vite. Le temps gris, le froid, la vie dans un petit grenier avec son mari qu’elle connaît à peine et dont elle est enceinte. “Au Maroc, tout le monde était marié jeune, à l’âge de 14 ou 15 ans, Ainsi, lorsque les plus jeunes ont grandi, les aînés étaient déjà loin de chez eux”, écrit-elle dans sa biographie, intitulée The road to my freedom.

“Je pleurais quand je passais l’aspirateur sous les jambes de dames à la centrale téléphonique”

Rahma El Moueden

La liberté, justement, elle se met en tête de la conquérir. “Je pleurais quand je passais l’aspirateur sous les jambes de dames à la centrale téléphonique, écrit-elle. Les femmes portaient de beaux sacs, des jupes courtes, conduisaient une belle voiture. J’ai prié Dieu, je veux aussi une voiture, un sac et une jupe. Et personne ne m’arrêtera”.

Désormais, elle dit rouler en Mercedes. Une revanche sur cet infernal déterminisme social. C’est qu’elle est devenue millionnaire à la tête de sa propre société de nettoyage qui emploie 500 personnes et réalise un chiffre d’affaires de neuf millions d’euros. Invitée à la table de la reine Beatrix et Mohammed VI, elle est présentée comme un modèle pour l’intégration en Hollande, sa société de même: les salariés de MAS (Multiculturelles Amsterdam Cleaners) sont pour beaucoup issus de l’immigration.

Plus en retrait désormais, elle a laissé les commandes à sa fille Oumaima : “Nous nous ressemblons en termes d’apparence et de caractère. Oumaima ne peut être dupée par personne”. Une lucidité qu’elle tire elle-même de sa mère : “J’ai sa force et sa persévérance”. Celle qui se voit “libre” et “impulsive” confiait, en 2017, vouloir “apporter une contribution à la politique” au Maroc : “C’est un pays en construction, il y a un besoin d’innovation et de personnes avec des connaissances fiables”.

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