17 épisodes. Ils ont réussi dans le business, agissent et militent, créent et s’épanouissent. Eux, ce sont 50 concitoyens nés ou vivant à l’étranger. Certains ont le Maroc chevillé au corps, d’autres un lien plus ténu, sans pour autant avoir coupé le cordon ombilical. Tous ont de belles histoires.

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Ce dossier a été initialement publié dans le magazine TelQuel n° 869 du 2 au 5 septembre 2019.

Ils racontent l’exil et l’enracinement à la fois. Ceux-là sont “zmagris”, “blédards”, “foreigners”… autant d’identités assignées, malgré un ressenti individuel bien différent. Pourtant, avec le Maroc, c’est souvent affaire de voyage, de va-et-vient permanent, physique, intense et intime. Il y a les départs, contraints ou choisis. Et avec, la peur et l’espoir d’un horizon d’avance incertain. Puis, il y a les arrivées, celles qui font sourire et qui comblent un vide quelque part.

Le derrière sur deux chaises

MRE: Marocains, oui, résidant ailleurs, forcément, mais encore souvent étiquetés étrangers. Des deux rives, on aimerait qu’ils soient davantage “intégrés”. Il ne fait jamais bon d’être sur deux tableaux, deux cases, le derrière sur deux chaises. Dans les pays d’accueil, on les a vus ouvriers et bâtisseurs, mais constamment oubliés. Du pays d’origine, on critique le choix de la facilité, celui de la fuite, du confort, voire, pire, de l’oubli. C’est bien connu, l’expatriation est chose aisée… Pipeau, tant l’ascenseur social reste bloqué au Maroc, alors qu’il “ne” subit que des pannes ailleurs. Au fond, il n’empêche en rien le regard déraciné.

De nos Marocains résidant à l’étranger, TelQuel a sélectionné des profils inspirants. Pas forcément les plus connus, ni les réussites sociales les plus marquantes, mais ceux dont les ascensions et engagements nous touchent en tant que citoyens d’un même pays. Ces Marocains d’ailleurs, en quatre générations de combats, déposent un miroir géant au milieu du pays dont on apprécie de voir les reflets.

Les enfants du pays

Il y a eu les Chibanis, il y a désormais les enfants du pays. Multiples et riches. Ils font bouger les lignes, innovent et inventent, portent haut le drapeau ou jettent un regard, à la fois neuf et marocain, sur le monde qui les entoure. Ces quelques millions d’expatriés sont ailleurs, mais ne sont en rien périphériques. La “13ème région”, comme disent certains, est un paysage qui s’est diversifié. Fini le folklore de la 504 break chargée à souhait, désormais le tapis rouge est déroulé, la consommation vivement encouragée, car le “MRE” est perçu comme devise le temps d’un été.

Derrière, leur voix, elle, reste encore, hélas, inaudible dans la construction du pays. Un pays qu’ils aiment critiquer mais qu’ils défendent bec et ongles quand c’est d’autres qui le font. Preuve d’une marocanité épidermique. Beaucoup ont fait ce choix de revenir. Certains il y a vingt ans, d’autres depuis seulement quelques mois. Par amour des siens, amour de soi ou amour tout court. Peut-être tout ça à la fois. Touche de couleur supplémentaire à ce Maroc que l’on aime tant pluriel.

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Ce dossier a été initialement publié dans le magazine TelQuel n° 869 du 2 au 5 septembre 2019.

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